CHANSONS

« Au sein des textes de Delphine Volange,

se lovent les pièces d’un puzzle

à reconstituer pour ceux qui oseraient

lever un voile d’une part du mystère.

L’écriture raffinée servie par des mélodies

et arrangements tout à la fois sobres

et sophistiqués laisse percevoir

une nature romanesque et sensuelle.

Chaque séquence semble comme 

échappée d’une toile de maître… » LB

Lyrics

Depuis le temps que j’entends  

Le chant des Sirènes 

Ce refrain lancinant 

De ma vie parisienne 

 

Depuis le temps que j’entends 

Cet appel éperdu

Mugir en plein midi

Mais l’entends-tu aussi 

Capitaine 

Je te disais souvent

J’aime le chant

Des Sirènes

Qui chavire d’amour

Les vaisseaux dans nos veines 

Et nos cœurs au long cours 

Capitaine 

Un jour je céderai 

Au chant des Sirènes

Et je romprai les liens

Qui me tiennent au chagrin

Un jour je céderai

Au chant des Sirènes

Et elles emporteront

Ma peine tout au fond

De la Seine

SIRÈNES

LES RONDS DE FUMÉE

Où vas-tu donc ainsi 

Tout sourire 

Il n’y a rien par là 

Qu’hiver que neige

Que peau gelée des lacs

Que du beau danger

Dans les boulots de plus

Les cris se perdent

 

Reste par là

Un bel été bientôt arrivera

Je ferai dans l’air 

Des ronds de fumée

Je sais que tu aimes 

Les ronds de fumée

Reste par là

Un bel été bientôt arrivera

Je veux que tu me chantes 

Celle-là que j’aime tant

Où le cheval a tant couru

Qu’il s’endort

Veux-tu que j’adoucisse 

Ces choses là

Derrière ton front

Que je verse avec toi le vin

Dans la rivière

 

Reste par là

Un bel été bientôt arrivera

Je ferai dans l’air 

Des ronds de fumée

Je sais que tu aimes 

Les ronds de fumée

Reste par là 

Un bel été bientôt arrivera 

HOTEL CHOPIN

Quand mon corps défunt 

Ne sera plus qu’un

Petit tas de cendres

Je viendrai m’étendre 

 

Nue sur les coussins 

De la chambre 20

Au lit palissandre

De nos lèvres tendres

 

Transparente et langoureuse

Je serai ta morte amoureuse

Dis viendras-tu pour me Prendre encore

À l’Hôtel Chopin

 

Quand sonnera mon heure 

Je veux mon tombeur

Que tu me rallumes

D’un baiser posthume 

Et nos corps étreints 

Ne feront plus qu’un 

Le feu sous la cendre 

La mort peut attendre 

 

Transparente et langoureuse 

Je serai ta morte amoureuse 

Dis en auras-tu le cœur encore 

À l’Hôtel Chopin 

 

Quand mon corps défunt 

Ne sera plus qu’un

Petit tas de cendres

Je viendrai m’étendre

 

Là dans les vapeurs ineffables

De l’encaustique et des croissants 

Des robes qu’on défait à la diable 

En s’embrassant  

SUBLIMONS

S’il faut renoncer à sa bouche 

S’il faut jeter mon cœur aux ronces

S’il faut couver ce dur désir 

Souffler l’incendie qui s’annonce 

Soufflons 

Soufflons 

Soufflons 

 

S’il faut brider tous mes chevaux 

Ne pas vous soumettre à ma peau 

S’il faut refuser cette danse 

Souffler l’incendie qui s’annonce 

Soufflons 

Soufflons 

Soufflons 

 

Car je ne saurais sans remords 

Prendre celle qui vous adore

Je veux bien garder l’innocence 

Mais je maudis les circonstances 

Sublimons 

Sublimons 

Sublimons 

Si vous devez bouder hélas

Nos transports de première classe 

Ne défaites pas ma chemise 

Laissez-vous toucher par la grâce 

Soufflons

Soufflons

Soufflons 

 

Car je ne saurais sans remords 

Prendre celle qui vous adore

Je veux bien garder l’innocence 

Mais je maudis les circonstances 

Sublimons 

Sublimons 

Sublimons 

 

Vous serez mon prince des nues 

Et vous ma fée au sein nu 

AUX ILES BORROMÉES

Sur les rives d’un mois d’Août 

Aux îles Borromées

Tu étais un matin

A m’attendre au jardin 

 

Beau comme un demi-dieu 

Dans ta veste gris-bleu

Tu étais un matin

A m’attendre au jardin 

 

A ce moment de grâce 

Où notre vieux palace

Passait sous le soleil 

Exactement dessous 

 

A la faveur de cette 

Mécanique céleste

Tu m’apparais 

Tenant ta cigarette 

Du geste qui me plaît 

 

Isola Bella 

Enivré d’orangers

De siècles d’orangers 

Tu étais un matin

A m’attendre au jardin 

 

A ce moment de grâce 

Où notre vieux palace 

Passait sous le soleil 

Exactement dessous 

 

A ce point dans l’espace 

Des jardins en terrasse 

Tu m’apparais

Tenant ta cigarette 

Du geste qui me plaît 

 

Isola Bella 

EMPREINTE

Il y eut un été

J’allais en majesté

Embellie sous l’empire 

De tes pires voluptés

 

Et le cœur à la fête 

J’emmenais parader

Ma beauté indiscrète 

Nimbée d’eau de toilette

Empreinte de Courrèges 

Me faisait cortège

Il y eut un été 

 

Tu baisais de ma robe

Ecarlate l’ourlet

Le délice me faisait 

Abdiquer 

Et l’aube me trouvait 

Toute déshabillée 

Mais parée de fougère 

Royale et chypre vert 

Empreinte de Courrèges 

Me faisait cortège

Il y eut un été 

 

Quand tu quittais mon lit 

Après toute une nuit 

Empreinte de Courrèges 

Te faisait cortège

 

Une inconnue qui passe

Et le parfum fugace

De nos lèvres défuntes 

Qui m’étreint Ô Empreinte

AU FEU

Sous le grand ciel blême 

Je vais à perdre haleine 

Que mon cœur a de peine 

Et comme il a donné 

On murmure on sème 

Que mon cœur a de peine 

De bien mauvaises graines 

Dans le sillon glacé

 

Il a versé fiévreux

La lave de ses yeux

L’a versée dans mes veines 

Puis il a fui sans même

Il a versé sans gêne

La lave dans mes veines

Il est parti sans rien

Sans même toucher ma main

À moi

À moi

je brûle vive 

Au feu

Au feu 

Sont-ce là des manières

A-t-on déjà vu faire 

Pareil tour aux nerfs 

Cela a-t-il tué 

 

Je l’aimais je dois dire 

Tout comme je respire 

À l’aimer sans le dire 

Au bout je suffoquais

La lave de ses yeux

L’a versée dans mes veines

Puis il a fui sans même

Il a versé sans gêne

La lave dans mes veines

Il est parti sans rien

Sans même toucher ma main

A moi

A moi

Je brûle vive

Au Feu

Au Feu

Ce soir pâle comme la mort 

En déshabillé Dior

Je ne porte plus de bijou 

Que ta morsure à mon cou 

Tu me tues 

Tu me tues 

Tu me tues 

Sur tes lèvres mon sang 

Perle jusqu’à l’aurore

Et veloute de rubis

Le baiser qui me dévore 

Tu me tues 

Tu me tues 

Tu me tues 

Ni fleurs ni couronnes

De roses et de lys

À mon front lisse

Ni requiem pour personne 

De profundis 

Je te demande grâce

Mais tu plonges bien pire 

Dans ma gorge et m’arraches 

Encore un dernier soupir

Tu me tues

Tu me tues

Tu me tues 

Ce soir pâle comme la mort

En déshabillé Dior

Je ne porte plus de bijou

Que ta morsure à mon cou

Tu me tues

Tu me tues

Tu me tues

NI FLEURS NI COURONNES

LES CORPS CÉLESTES

La nuit mon cœur n’est plus 

À la mélancolie

Mon cœur n’est plus à la mélancolie 

Oh çà non 

La nuit mes amants perdus 

S’en reviennent

Boire sur mes lèvres

Boire sur mes lèvres à nos amours 

anciennes 

Et moi transie

D’émoi je revois

La nuit je m’abandonne 

Aux caresses suaves

Des hommes que j’ai maudits 

Il y a longtemps

Il y a longtemps d’ici 

 

La nuit je m’abandonne 

À mon extase 

Sous les hommes que j’ai maudits 

Assez beaux salauds

J’oublie qu’ils m’ont trahie 

Quand je suis endormie 

Et là transie

D’émoi je revois des étoiles 

Des étoiles des étoiles

Et toi et toi et toi ... 

Là-haut toute la nuit je reste 

Tout contre les corps célestes 

Dans le ciel de mon lit je reste 

Tout contre les corps célestes

 

La nuit chacun leur tour 

Je les aime toujours

Oui comme aux premiers 

Temps de nos amours 

Mais comment se fait-il

Que je les aime encore à l’infini 

Ces hommes-là qui m’ont trahie 

Assez beaux salauds

La nuit je suis d’intelligence 

Avec l’ennemi

Et là transie

D’émoi je revois des étoiles 

Des étoiles des étoiles

Et toi et toi et toi ... 

La nuit je me réjouis

JE VOUS SALUE MARIE

Je Vous salue Marie, pleine de grâce

Nous n'allons plus le dimanche

À la grande messe du bon Dieu

Mais au matin sur notre lit

Quand nous nous sommes adorés

L'aurore verse sur la nuit

Ses rayons d'or immaculés

Nous nous croyons au Paradis

Sainte Marie Mère de Dieu

Entre vos cils merveilleux

Le diamant pur de vos yeux

Abolit le péché si vieux

Et nous révèle ainsi soit-il

Que tous les amants sont des dieux

Paroles de Delphine Volange
sauf  Les Ronds de fumée
et Au Feu ( Bertrand Belin)

Et pour écouter les chansons cliquer sur le petit sigle Youtube en haut à droite de ce site...

Delphine Volange - 2019